Saïd Assadi : un parcours exemplaire

Du statut de réfugié à la fondation du 360 Paris Music Factory


Par
François Bensignor Journaliste.
Rubrique
Champs libres : musique

Ouvert au public depuis le 20 janvier 2020 au cœur du quartier de la Goutte d’Or dans le 18e arrondissement de Paris, le 360 Paris Music Factory est un lieu culturel atypique, innovant et audacieux. Cet équipement de cinq étages flambant neuf est entièrement dédié à la musique : création, diffusion, répétition, enregistrement, rencontre entre professionnels et avec les publics.

Par sa dimension transculturelle, ce nouveau lieu porte haut les valeurs d’ouverture à l’altérité et au métissage, avec pour ambition de renforcer la cohésion sociale, si nécessaire en ces temps de replis. Doté d’une salle de concert à taille humaine (300 places), de quatre lieux de résidence pour les artistes, d’un agréable restaurant largement ouvert sur la rue, le 360 Paris Music Factory est aussi un laboratoire d’innovation. Témoin sa structuration en Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC)[1], qui réunit l’association Au fil des voix (festival, actions pédagogiques et sociales) avec les sociétés Accords croisées (label, production, booking), la Fabrica spectacles (restauration, salle de spectacles), Images de sons (production audiovisuelle, captation) et une pépinière de start-up culturelles. Cette réalisation est l’aboutissement du travail concerné, acharné de Saïd Assadi, fondateur de ce projet artistique et humain. Il retrace avec nous son parcours en éclairant le sens de sa démarche, qui s’inscrit dans les pas de celle de Yehudi Menuhin.

 

[1] Créée par une loi de 2001, une SCIC peut revêtir les diverses formes des sociétés commerciales : société anonyme (SA), société par actions simplifiées (SAS) ou société à responsabilité limitée (SARL). Son statut de coopérative implique le principe 1 personne = 1 voix en assemblée générale. L’intérêt collectif est celui par lequel tous les associés et l’environnement peuvent se retrouver autour d’un objet commun en organisant une dynamique multi parties prenantes (le caractère d’utilité sociale).

Une SCIC permet d’associer toute personne physique ou morale de droit privé ou de droit public autour du projet commun. Pour se constituer, une SCIC doit obligatoirement associer des salariés (ou en leur absence des producteurs agriculteurs, des artisans, etc.), des bénéficiaires (clients, fournisseurs, bénévoles, collectifs de toute nature, etc.) et un troisième type d’associé selon les ambitions de l’entreprise (entreprise privé, financeurs, association, etc.).

Article issu de

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N°1329 avril-juin 2020