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Je me souviens de ce regard. Intense. Insatiable. Intemporel A la main de la dame élégante, une bague brille, mais moins que ses yeux. Des yeux de petite fille. La joie brute de la nouveauté, de l’émerveillement. Ce qu’elle regarde, ce qu’elle écoute a plus d’importance que tout au monde. C’est un appel. La femme aux yeux de petite fille émerveillée va se lever, s’élever. Quitter la pesanteur du quotidien, des obligations envers les autres, de son temps indéfiniment aliéné. Elle n’est déjà plus là, indifférente à ce qui l’entoure. Elle a déjà des ailes. Un léger frisson parcourt son dos. Elle s’abstrait. Elle est toute à ce rendez-vous avec elle-même. Ce qu’elle regarde, ce qu’elle écoute, ce n’est pas une matière, un contenu, des savoirs, une tâche,des exercices. La dame élégante aux yeux de petite fille émerveillée est face à elle-même. Ce qu’elle regarde, ce qu’elle écoute, c’est une petite mélodie qui lui dit : « Tu sais. Tu peux. » Ses yeux brillent de l’écho de cette petite mélodie – sa propre voix. Elle découvre face à elle un miroir qu’elle accepte. Elle y contemple sa propre assurance. Elle n’est pas étonnée, ni béate. Elle se voit, dans sa dignité tranquille de personne. Elle se regarde se voir avec lucidité, se reconnaître. Ses yeux brillent d’une légère mélancolie à ce rendez-vous tardif. Elle aurait aimé l’avoir plus tôt. Elle sait pourquoi ce rendez-vous est venu si tard. Elle sait maintenant pourquoi ceux qui retardent ces rendez-vous peuvent devenir des meurtriers. Mais elle sait qu’ils ne peuvent que les retarder. J’ai été, je suis cette petite fille. Kenza Sefrioui , journaliste, critique littéraire, créatrice de la maison d’édition En toutes lettres Ce texte est issu du portfolio "Les femmes dans les collections du Musée " publié par la revue Hommes & Migrations dans son numéro "Femmes engagées" (n°1331, octobre-décembre 2020) Lire l'article : "Les clichés sur la migration féminine dans un patrimoine en négatifs", de Kidi Bebey et Marie Poinsot Accéder aux photographies présentées dans le portfolio En savoir plus sur le numéro En savoir plus sur Janine Niépce : Collection : Reportage pour le centre d’éducation civique des Africaines à Paris de Janine Niépce En savoir plus sur les migrations des femmes : Des femmes en mouvements. Images et réalités des migrations féminines.
Réfugiés
" Être déraciné, c’est n’avoir pas de place dans le monde ", a écrit Hannah Arendt, qui s’y connaissait en exils. Mais qu’est-ce qu’avoir une place dans ce monde ? Une place est-elle une maison, un travail, un lieu où vivre et où aimer, un sentiment d’utilité ou d’appartenance ? Et qu’a-t-on dans la tête quand on est épuisé, jeté dans la salle d’attente d’une gare improbable d’une ville où l’on n’a jamais mis les pieds, où l’on ne sait pas lire les écriteaux qui informent dans une langue étrangère ? On dort d’abord, sans penser à rien. Le voyage a été long. Pour le bébé, c’est facile, il a l’habitude et les parents ont tout abandonné sauf la poussette. Le garçonnet, lui, doit faire comme les grands, il s’assoupit sur la banquette rendue moins dure par la veste pliée en boule sur laquelle repose sa tête. Les femmes n’en peuvent plus, tandis que l’homme tente de garder la tête droite en sommeillant. Au petit matin, quand la lumière pâle filtrera par la porte vitrée, tous se réveilleront en hâte, craignant qu’un fonctionnaire ne les chasse. Où vont-ils aller dans cette aube inconnue, encombrés de leurs ballots ? Ils ne savent pas. Ils ne sont pourtant pas désespérés. Car quitter son monde devenu invivable, partir en laissant tout puisque l’on n’a plus rien, c’est aussi espérer trouver un ailleurs. Ils vont peut-être s’installer dans cette ville, ou prendre un bateau pour chercher un autre pays. La guerre est finie. Ils ont tout perdu mais ils vivent. Ce sera dur mais ils sont jeunes encore. Arrivés à destination, ils tenteront de refaire des racines. Les parents parleront leur langue en cachette afin que les enfants soient débarrassés du passé. Ils y parviendront. Reste une inconnue. Ils ne veulent pas y penser. Laissera-t-on entrer dans une terre nouvelle ceux qui ne peuvent pas rebrousser chemin ? Sophie Bessis , historienne et essayiste En savoir plus : Ce texte est issu du portfolio "Les femmes dans les collections du Musée " publié par la revue Hommes & Migrations dans son numéro "Femmes engagées" (n°1331, octobre-décembre 2020) Lire l'article : "Les clichés sur la migration féminine dans un patrimoine en négatifs", de Kidi Bebey et Marie Poinsot Accéder aux photographies présentées dans le portfolio En savoir plus sur le numéro Voir aussi sur les migrations des femmes : Des femmes en mouvements. Images et réalités des migrations féminines.
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Premières générations postcoloniales La vue d’une femme africaine impliquée dans la vie économique française au cours des années 1960 est rare. La narration du passé tend à donner le sentiment que ces minorités sont issues d’un surgissement aussi récent que superficiel. Au sein des luttes sociales françaises, la contribution des personnes immigrées issues des anciennes colonies est souvent invisibilisée. Le mythe selon lequel les premières générations postcoloniales auraient adopté une posture visant à « baisser la tête » est tenace. Ces populations sont à la fois perçues comme exogènes au corps social français et comme volontairement soumises à un ordre injuste, faute d’être capables de formuler des revendications politiques audibles. En réalité, les luttes de mai 1968 ont largement été animées par les mouvements ouvriers constitués d’immigrés et les luttes des années 1970 des immigrés logés dans les foyers Sonacotra ont amplement contribué aux avancées relatives au droit au logement. Et les trop rares tentatives de réhabilitation de ces oubliés de nos luttes omettent quasi systématiquement les femmes. Pourtant, il existait dans les années 1970, au sein du Mouvement de libération des femmes, une coordination des femmes noires portées par des femmes immigrées d’Afrique comme Awa Thiam ou des citoyennes des Outremer. Dans les années 1980, de nombreuses descendantes dont les parents avaient migré ont animé les marches de 1983 et 1984 comme Djida Tazdaït ou Salika Amara. Elles étaient en première ligne lors des mobilisations de ceux que l’on a depuis appelés les « sans-papiers » à travers la voix de Madjiguène Cissé. Et plus récemment en 2017, dans le sillage du mouvement MeToo, des femmes de ménage travaillant pour le compte de la SNCF à la gare du Nord ont obtenu la condamnation de harceleurs sexuels. Aujourd’hui encore, des femmes de chambres d’hôtel mènent une lutte de longue haleine pour obtenir des conditions de travail décentes. Les femmes immigrées et leurs descendantes ont toujours pris part aux luttes ayant conduit à des avancées sociales majeures, il est temps de leur rendre justice. Rokhaya Diallo , journaliste, autrice et réalisatrice Ce texte est issu du portfolio "Les femmes dans les collections du Musée " publié par la revue Hommes & Migrations dans son numéro "Femmes engagées" (n°1331, octobre-décembre 2020) Lire l'article : "Les clichés sur la migration féminine dans un patrimoine en négatifs", de Kidi Bebey et Marie Poinsot Accéder aux photographies présentées dans le portfolio En savoir plus sur le numéro En savoir plus sur Janine Niépce : Collection : Reportage pour le centre d’éducation civique des Africaines à Paris de Janine Niépce En savoir plus sur les migrations des femmes : Des femmes en mouvements. Images et réalités des migrations féminines.
Étudiant et sa femme devant le Panthéon
Ils pourraient être mes parents. Je crois voir leurs silhouettes déambuler dans le quartier latin en ces temps où libraires et bouquinistes y sont encore légion. Sur la photo, ils forment un couple élégant et plein de retenue, dont on devine néanmoins l’intimité. Cette attitude, je l’ai vue maintes fois à l’oeuvre : il s’agit de prouver au premier coup d’oeil que l’on a compris et intégré les codes de correction en vigueur dans la société – il porte la chemise et la cravate des étudiants de l’époque, elle un paletot de lainage boutonné jusqu’au cou – mais l’on n’en conserve pas moins au fond de soi le secret d’un ailleurs que l’on a en partage. Un secret grand comme un pays à six mille kilomètres, auquel on veut rester fidèle ne serait-ce que par la pensée. Car là-bas se trouvent les siens, familles et compatriotes, l’ensemble de ceux dont on se retrouve à être, à tout instant à Paris, les représentants. Alors on vogue comme on le peut, d’un bord à l’autre du monde. Les voilà dans la rue Soufflot dos au Panthéon, s’imaginant peut-être qu’un jour la dépouille d’un Grand homme de leur continent, un penseur, un chercheur, un homme politique, sera placée aux côtés de celles des Grands hommes défunts de la France. Après tout, certains des nouveaux présidents aux commandes de leurs pays tout juste indépendants ont occupé de hautes fonctions de député ou de ministre au sein du gouvernement français. L’heure est à l’ambition, à la foi en l’avenir, maintenant que souffle le vent d’une nouvelle liberté dans le monde. Ils veulent croire que bientôt viendra le temps où l’on cessera de s’intéresser à la couleur de peau de chacun pour voir ce que les hommes ont de commun. Et bien que je connaisse, pour mes parents, la suite de l’histoire, je me dis que je peux bien inverser le cours des choses et aller encore plus loin en décidant que c’est elle, la jeune femme, qui marquera l’époque un jour, grâce à la force de son travail et de ses convictions. Je la verrais bien chirurgienne ou juriste de renommée internationale. Et je m’imagine la Grande femme qu’elle deviendra entrant un jour au Panthéon. Kidi Bebey , écrivaine et journaliste Ce texte est issu du portfolio "Les femmes dans les collections du Musée " publié par la revue Hommes & Migrations dans son numéro "Femmes engagées" (n°1331, octobre-décembre 2020) Lire l'article : "Les clichés sur la migration féminine dans un patrimoine en négatifs", de Kidi Bebey et Marie Poinsot Accéder aux photographies présentées dans le portfolio En savoir plus sur le numéro En savoir plus sur Janine Niépce : Collection : Reportage pour le centre d’éducation civique des Africaines à Paris de Janine Niépce En savoir plus sur les migrations des femmes : Des femmes en mouvements. Images et réalités des migrations féminines.
Immigrés portugais, train Hendaye-Paris, 1965
Sous nos yeux, dans cet habitacle exigu, se jouent les destins de trois générations. La grand-mère, drapée de dignité, semble plongée dans ses souvenirs. Nous imaginons volontiers son déchirement quand il a fallu faire le tri dans les affaires de toute une vie pour ne garder que l’indispensable. Derrière son large front plissé, les questions muettes crient d’impuissance. Qu’est-ce qui l’a poussée à suivre les jeunes vers l’inconnu ? Elle a certainement souhaité voir ses petits-enfants grandir, aider les parents à s’installer dans leur nouvelle vie. Elle sera gardienne de tradition, cuisinière, nounou pour les enfants. Elle fera en sorte qu’ils continuent à parler la langue du pays, à manger les plats du pays, à être encore un peu au pays que l’on a quitté contraints et obligés. Elle leur contera le passé glorieux de leur pays, le Portugal, qui a été l’une des principales puissances européennes. La présence de la grand-mère rassure comme un talisman, une poignée de la terre natale, une icône. La jeune femme regarde l’objectif en esquissant un sourire. Dans son regard se lit la fierté d’avoir osé sauter le pas. Elle rêve à ce qui va advenir pour ses enfants, pour sa mère et pour elle. Elle est femme et porte en elle toute la puissance féminine prête à se déraciner pour mieux s’enraciner ailleurs. Elle n’a pas le temps de regretter ce qu’elle a laissé derrière elle, toute tendue vers l’avenir. Elle trouvera du travail, élèvera ses enfants dans un pays libre où ils auront les mêmes chances que les autres. Ils apprendront une nouvelle langue, d’autres traditions, d’autres jeux. Elle fera tout ce qui est en son possible pour que ses enfants profitent pleinement de leur chance. Ils feront des études, s’épanouiront sans peur et sans contrainte. Dans ce giron maternel, les enfants, confiants, dorment tranquillement. Halima Hamdane , écrivaine et conteuse Ce texte est issu du portfolio "Les femmes dans les collections du Musée " publié par la revue Hommes & Migrations dans son numéro "Femmes engagées" (n°1331, octobre-décembre 2020) Lire l'article : "Les clichés sur la migration féminine dans un patrimoine en négatifs", de Kidi Bebey et Marie Poinsot Accéder aux photographies présentées dans le portfolio En savoir plus sur le numéro En savoir plus sur Gérald Bloncourt : Entretien : Rencontre avec Gérald Bloncourt Exposition : Pour une vie meilleure, photographies de Gérald Bloncourt En savoir plus sur l'immigration portugaise : Dossier : L’immigration portugaise en France au 20ème siècle En savoir plus sur les migrations des femmes : .
Vie quotidienne d’une bonne espagnole à Paris
Je les imagine toutes les deux prendre le métro à la Muette pour venir au dancing près de la République, un dimanche d’avril pluvieux et un peu triste. Celle avec la jupe à fleurs s’appelle Rosa. Elle est joyeuse, bavarde, pleine d’espoir. Obsédée toutefois, par l’attente. Depuis des mois, elle ne fait que ça, attendre. Des nouvelles de Pablo, son amoureux. De la famille, du pays. Des grèves qui secouent l’Espagne en ce printemps 1962. Celle de gauche est Luisa. Je l’imagine veuve et hantée. Par la mort, par les atrocités qu’elle a vues, par « les événements » qui ont fracassé sa vie et dont elle ne parle jamais. Je les imagine travailler pour deux familles différentes habitant le même immeuble. Occuper deux chambras mitoyennes, avec une table, une chaise, une armoire et un lit. Partager la même salle d’eau qui est dans la courra, descendre ensemble les pubelas et papoter tous les soirs. Ce dimanche-là, elles sont contentes d’être de sortie. Rosa lâche un soupir et dit : « Elle est gentille la patronne, regarde la jupe qu’elle m’a donnée. Elle me donne toujours des affaires qu’elle a très peu mises ». Luisa, soudain, s’énerve sans raison. Elle répond que non, ce n’est pas de la gentillesse. Que les riches aiment jouer à ce jeu, que ça leur rappelle leur condition de riche. Qu’ils aiment se regarder dans ce miroir grossissant, que ça leur fait du bien, ça les rassure. Que c’est le jeu du valet et du maître, que c’est donnant-donnant : « S’occuper de leur chien qui mange mieux que nous, c’est déjà suffisamment humiliant, tu ne vas pas en plus te sentir reconnaissante pour une jupe ou une vieille paire de pompes ! » Rosa préfère ne pas répondre, elle boit une gorgée, regarde les danseurs et dit : « J’aurais tellement aimé que Pablo puisse venir en France, rien que pour danser un cha-cha-cha un dimanche. Avec cette jupe ». Puis, elles dansent encore un peu, terminent ensuite leurs verres et se lèvent. Juste avant de payer et de partir, Luisa murmure : « Heureusement qu’il y a le dancing. Sinon ça serait trop triste, les dimanches ». Rosa se dit dans le métro, les yeux dans le vague : « Quand même, moi, j’aime bien ma patronne ». Sans oser l’avouer à sa copine qui a la haine des riches. Elles se couchent tôt car elles doivent se réveiller à six heures. Comme tous les matins. Sedef Ecer , romancière, dramaturge et scénariste Ce texte est issu du portfolio "Les femmes dans les collections du Musée " publié par la revue Hommes & Migrations dans son numéro " Femmes engagées " (n°1331, octobre-décembre 2020) En savoir plus Lire l'article : "Les clichés sur la migration féminine dans un patrimoine en négatifs", de Kidi Bebey et Marie Poinsot Accéder aux photographies présentées dans le portfolio L’immigration espagnole en France au XXe siècle Sur la série Les bonnes espagnoles Vie quotidienne d’une bonne espagnole à Paris de Jean-Philippe Charbonnier Les bonnes espagnoles
Bidonville de Nanterre
Quel ustensile emporteriez-vous en exil ? Si la question avait été posée aux femmes maghrébines, elles auraient certainement répondu : un couscoussier. En effet, le couscous n’est pas seulement un plat de partage et de convivialité mais un acte social. Il ponctue tous les rituels, la naissance, le mariage, la mort… Regarder une femme préparer un couscous est toujours émouvant, c’est le geste ancestral transmis de génération à génération depuis la nuit des temps, « la Madeleine » des Maghrébins. Sur la photo, la femme s’affaire devant le couscoussier qui trône au milieu de cette pièce exiguë où sont entassés des objets hétéroclites : casseroles, vêtements, chaussures, réchaud et même un vélo. La vétusté du lieu n’empêche pas le couple d’arborer un sourire. La femme prépare un mets nourricier qui les unit et les relie tous les deux à leur pays d’origine. L’homme se tient en retrait, il regarde, savoure, se délecte des parfums de la marmite et se souvient de son enfance, de sa fascination devant les femmes et leur gestuelle élégante quand elles roulent la semoule, se penchent sur le couscoussier qui ne déçoit jamais. En exil, le couscous offre un réconfort face à l’adversité, en témoigne cette photo où la misère blesse le regard mais la femme, faisant fi de ce qui l’entoure, redessine un autre univers, ouvre un imaginaire tout en restant ancrée dans sa culture. N’est-elle pas la gardienne de la tradition et la mère nourricière qui ne déçoit jamais ? Dans l’adversité de l’exil, la femme maghrébine n’est pas seulement la gardienne de la tradition et la nourricière, elle est aussi, à l’instar de toutes ses consoeurs, ouverte au changement et à l’émancipation. Halima Hamdane , écrivaine et conteuse Ce texte est issu du portfolio "Les femmes dans les collections du Musée " publié par la revue Hommes & Migrations dans son numéro "Femmes engagées" (n°1331, octobre-décembre 2020) Lire l'article : "Les clichés sur la migration féminine dans un patrimoine en négatifs", de Kidi Bebey et Marie Poinsot Accéder aux photographies présentées dans le portfolio En savoir plus sur le numéro En savoir plus sur Jean Pottier : Collection : Bidonville de Nanterre. Photographies de Jean Pottier Entretien : "Les photos que j’ai faites, c’est l’histoire du pays" En savoir plus sur le bidonville de Nanterre : Entretien : Entretien avec Monique Hervo Bibliographie : Le bidonville de Nanterre, ressources documentaires En savoir plus sur les migrations des femmes : Des femmes en mouvements. Images et réalités des migrations féminines.