Pour faire pendant au parc zoologique de l’Exposition coloniale de 1931 qui préfigurera le futur Zoo de Vincennes, le commissariat de la section de synthèse du musée permanent des Colonies valide la construction d’un Aquarium définitif au sein du Palais de la Porte Dorée le 9 octobre 1929. L’objectif était de présenter au public la faune marine et fluviale des colonies exploitable et immédiatement à leur suite tous les produits et sous-produits de leur exploitation, pour pallier progressivement l’appauvrissement des fonds de pêche métropolitains.
En 2021, l'Aquarium tropical a rejoint le projet Fish Net qui se donne pour mission de restaurer l'écosystème fragilisé de la rivière Amboaboa à Madagascar. Cinq espèces de poissons y sont en menace critique d’extinction.
Découpé en trois parties, qui peuvent être regardées indépendamment ou à la suite, cet entretien avec Emmanuel Blanchard (historien) et Mogniss H. Abdallah (journaliste et réalisateur) tente de faire un état des connaissances vu de France sur cet événement.
Au cœur du Palais de la Porte Dorée, la « salle des fêtes » - aujourd’hui Forum -, impressionne par ses dimensions, son architecture singulière et la richesse de ses décors. Réalisée pour l’Exposition coloniale internationale de 1931, elle témoigne de l’ambition architecturale du Palais et du contexte de propagande coloniale qui a présidé à sa création.
La possibilité, ou non, de pouvoir franchir les frontières détermine le type de migration. Après la chute du mur de Berlin, l’essentiel des migrations Est/Ouest a été une migration pendulaire, entendre des migrations de courte durée, permettant des allers et retours entre pays d’origine et pays d’immigration. Elles concernent aujourd’hui aussi les migrants « privilégiés » du sud méditerranéen, de ceux qui bénéficient d’un statut particulier (double nationalité, visas à entrées multiples, commerçants, entrepreneurs, intellectuels). En revanche, les politiques de visas restrictives tendent à provoquer l’installation durable des migrants qui redoutent de ne plus pouvoir revenir et font venir leur famille. Ainsi, paradoxalement, les politiques de fermetures conduisent à l’installation des migrants, quant une politique de frontière relativement ouverte permettrait d’éviter, à tout le moins de réduire, des installations durables.
Étranger – Immigré – Émigré – Expatrié – Apatride – Sans Papiers – Clandestin – Réfugié – Demandeur d’asile – Débouté – Exilé – Harraga – Déplacé – Issu de l’immigration – D’origine immigrée – Beur –… Ces mots disent et désignent l’autre, celui qui arrive, comme celui qui vit ici. Comme la « tutelle » du chiffre, la tutelle des mots trie entre désirable et indésirable. Les mots disent le monde, en traduisent/trahissent les perceptions, fondent les hospitalités ou les suspicions.
La fresque qui décore le pourtour du Forum, situé au cœur du Palais de la Porte Dorée et classé au titre des monuments historiques depuis 1987, a été réalisée par Pierre Henri Étienne Ducos de la Haille (1889-1972), prix de Rome de peinture en 1922 et professeur à l’École des beaux-arts jusqu’en 1949, qui a fait partie des peintres qui ont participé au renouveau de la technique de la fresque au début du XXe siècle. La commande de l’architecte du Palais Albert Laprade était de figurer « l’apport de la France à l’Outremer » sur les murs de la Salle des fêtes, lieu des galas et manifestations officielles pendant l’Exposition coloniale de 1931, avec un décor sur plus de 600 m², réalisé par le peintre, ses sept assistants, dont on peut lire les noms à gauche de l’entrée, ainsi que ses élèves. On sait que l’architecte du Palais Albert Laprade a choisi Ducos de la Haille pour le décor du Palais, en partie parce que le peintre avait séjourné en Algérie lors de son service militaire, de 1912 à 1914. Comme en attestent les archives, Laprade eut de nombreuses discussions avec le peintre sur le programme iconographique (le bandeau sur les yeux de la Justice, le gratte-ciel sur les jambes de l’Amérique, la trop grande quantité de bateaux à voile…) et les relations entre les deux hommes en ont pâti, même si Ducos a tenu compte de certaines remarques de l’architecte, notamment pour la peinture centrale.
Rythmée par des allégories, au milieu d’une faune abondante et d’une flore luxuriante, cette “tapisserie de pierre” de 1130 mètres carrés exalte les richesses coloniales. Réalisée en moins de deux ans par Alfred Auguste Janniot, sculpteur spécialisé dans les décors monumentaux. Elle se voulait une illustration des apports économiques des colonies à la métropole.