Reconstitué en 2023 à son emplacement originel, ce Salon, conçu en 1931 par l’architecte du Palais de la Porte Dorée, Albert Laprade (1883-1978), pour accueillir le public du musée des Colonies, a retrouvé le mobilier en palissandre de Madagascar, classé au titre des monuments historiques, et les panneaux de laque de Jean Dunand, artiste hors pair, qui alors le décoraient. Cet ensemble mobilier et décoratif exceptionnel constitue un témoignage majeur du style Art déco.
« Il n’y a aucune « loi » générale permettant de mesurer l’intégration, comme un thermomètre mesure la température » écrit l’historien Gérard Noiriel (2007). L’idée étant que l’intégration est un processus au long cours, qui va sans se dire, sans bruits ni publicité, dans l’intimité des multiples relations quotidiennes. C’est aussi ce que confirme l’OCDE : « il n'existe pas, pour quantifier l'intégration, d'unités de référence comme le mètre ou le kilo, qui faciliteraient les comparaisons de données dans le temps et/ou entre pays ». Existe-t-il, a contrario, un ou des indicateur(s) permettant de mesurer - de jauger - la volonté d’acceptation des migrants et de leurs descendants d’une société d'accueil ? Comment, par exemple, interpréter les manifestations de xénophobie ou de violences à l'égard des migrants ou des étrangers : sont-elles représentatives de la société dans son ensemble ou l’expression d’une minorité bruyante ?
Rappel : en 2020 on comptait en France 6,8 millions d’immigrés, soit 10,2% de la population totale. 90% des immigrés résident dans l’espace des grandes aires urbaines, dont 79 % dans les grands pôles urbains. La concentration plus importante se situe dans l’aire urbaine de Paris. Elle regroupe 38,2 % de la population immigrée soit 2,2 millions de personnes (contre 17,1 % de la population non immigrée soit 10,2 millions de personnes). Les six plus grandes aires urbaines de province sont Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Bordeaux et Nice.
La France compte plusieurs types de titres de séjour dont la durée varie de 1 an à une validité permanente : Visas de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS, 1an) ; Carte de séjour temporaire (CST, 1an) ; Carte de séjour pluriannuelle (CSP, 2 ans et 4a ns) ; Carte compétence et talent (CCT, 3ans) ; Retraite (10 ans) ; Certificat de résidence pour Algérien (CRA, 10ans) ; Carte de résident (CR, 10 ans ou permanente) ; Communauté économique européenne (CEE,10 ans) ; Espace économique européen (EEE, permanente) ; Union européenne (UE, 5 ans ou permanente). A cela il convient d’ajouter les documents provisoires : récépissé de carte de séjour ; convocation ; Autorisation provisoire de séjour (APS) ou Attestation de demande d’asile (ADA). Les trois principaux motifs d'immigration sont le motif familial, l'asile politique et le motif du travail. En 2019, sur les 277 406 titres de séjours accordés, 90 502 ont été attribués au titre de l’immigration familiale ; 39 131 au titre de l’immigration économique ; 37 851 pour des raisons humanitaires. A noter que 90 336 titres de séjours ont été accordés à des étudiants. En 2020, la primo délivrance de titres de séjours a connu une baisse moyenne de 20,9% en raison de la crise sanitaire. La baisse la plus importante a concerné les titres de séjour pour motif économique : -32,1%. Ce qui tendrait à confirmer le lien entre immigration et opportunités de travail - toutes choses égales par ailleurs, et notamment les règles de déplacement et de voyage. Une partie des immigrés entrés pour des raisons familiales travailleront en France, mais ils ne seront pas comptabilisés comme immigrants économiques. Les demandeurs d'asile ne sont pas autorisés à exercer un emploi salarié, pour ce faire ils devront bénéficier du statut de réfugié.
Dès le milieu du XIX e siècle, l’agriculture française à recours à une main d’œuvre immigrée saisonnière : d’abord originaire des pays voisins (Belgique, Allemagne, Suisse, Italie, Espagne…), elle s’est diversifiée et arrive de pays plus lointains (Pologne, Maroc…). Les saisonniers bénéficient d'un contrat de travail d’une durée inférieure à six mois. La loi du 20 novembre 2007 introduit une carte triennale « saisonnier ». Mais, l’autorisation de travail n’est toutefois renouvelée que si le travailleur saisonnier peut apporter la preuve de son retour dans son pays d’origine.
Longtemps, les travailleurs immigrés ont été des ouvriers peu qualifiés venus travailler en France pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre. La croissance des emplois tertiaires a entraîné de manière générale une diminution des emplois d’ouvriers et une progression des emplois d’employés et d’encadrement dans l’économie française.
Longtemps confondues avec le racisme, les discriminations fondées sur l’origine, réelle ou supposée, produisent des attitudes et des discours qui ne sont pas forcément intentionnels mais relèvent aussi de processus diffus qui engagent indirectement un réseau d’acteurs. Elles constituent une entrave majeure à la liberté individuelle et à l’égalité de traitement. L’emploi est le premier domaine en France où les discriminations se manifestent (secteur privé et services publics) et l’origine est le premier critère : mise à l’écart systématique de CV, refus de candidature à l’embauche, attribution systématique de tâches ou de postes en fonction de l’origine, déqualification des personnes employées, inégalité salariale et dans l’accès à la formation ou à la promotion, etc.
La fuite ou "l’exode des cerveaux" désigne la migration vers les pays développés des travailleurs qualifiés ou très qualifiés du Sud : ingénieurs, techniciens, informaticiens, spécialistes de la finance, médecins et professionnels de santé, étudiants… Pour les uns, favoriser la venue de cette élite intellectuelle et professionnelle serait favorable pour les sociétés d’accueil et pour les sociétés d’origine ; pour les autres, il s’agirait d’un "pillage" des cerveaux : " après les vagues d’émigration de la tripe et du muscle, voici venue celle des neurones. Le pillage a simplement changé de forme et de méthode, mais il continue " écrit l’écrivain Saïd Mohamed.