7353 résultats
Article

L’immigration peut-elle ralentir le vieillissement de la population ?

Au 1 er  janvier 2070, la France devrait compter 68,1 millions d’habitants, soit 700 000 de plus qu’en 2021. Il s’agit là du scénario dit « central » établi par l’Insee. Les risques de décès par sexe et âge diminueraient au même rythme que sur la décennie 2010, la fécondité se stabiliserait à 1,8 enfant par femme et le solde migratoire serait de 70 000 habitants en plus par an (+ 65 000 entre 1970 et 1995, identique depuis). À partir de 2035, le solde naturel deviendrait négatif, autrement dit les décès seraient plus nombreux que les naissances. Dans un premier temps, le solde migratoire compensant ce déficit naturel, la population continuerait d’augmenter pour culminer à 69,3 millions d’habitants. Tout changerait à partir de 2044 : la population diminuerait de 45 000 personnes en moyenne par an (– 0,1 % par an), pour atteindre 68,1 millions d’habitants en 2070.

Article

Combien la France compte d’immigrés et d’étrangers ?

En 2020, la population totale vivant en France s’élève à 67,3 millions d’habitants. La France compte 5,1millions d’étrangers soit 7,6% de la population ; elle se compose de 4,3 millions d’immigrés n’ayant pas acquis la nationalité française et de 0,8 million de personnes nées en France et n’ayant pas acquis la nationalité française.

Article

Dans quels pays les immigrés sont-ils les plus nombreux ?

Selon les Nations unies, les États-Unis accueillent le plus grand nombre d’immigrés dans le monde, ils étaient 48 millions en 2015  soit 15% de sa population totale. Le Canada compte 7,6 millions d’immigrés soit 21% de sa population. Rapporté le nombre d’immigrés à l’effectif de la population laisse apparaitre de grandes disparités mondiales entre les pays peu peuplés mais riches (les pays du Golfe), les petits pays attractifs sur le plan fiscal (Macao, Monaco, Singapour), les pays dits « neufs » doté de larges espaces et faiblement peuplés (Canada ou Australie, 28% de la population totale), les pays dits de « premier asile » comme le Liban ou le Tchad. Dans les démocraties industrielles occidentales la proportion d’immigrés est généralement comprise entre 9 % et 17 % (sources Nations Unies) : Autriche (17 %), Suède (16 %), États-Unis (15 %), Royaume-Uni (13 %), Espagne (13 %), Allemagne (12 %), France (12 %), Pays-Bas (12 %), Belgique (11 %), Italie (10 %). La Suisse, avec 29 % d’immigrés, se situe devant les États-Unis ou la France. Pour l’Europe, en 2020, sur les 447,3 millions d’habitants des 27 pays de l’Union européenne (UE27), 36,6 millions sont étrangers et 54,5 millions sont nés dans un pays étranger, soit respectivement 8,2 % et 12,2 % de la population. La France se situe dans la moyenne européenne. Le Luxembourg compte proportionnellement le plus d’étrangers (47 % de sa population). Toutefois, 81 % d'entre eux sont ressortissants d’un autre pays de l'UE27. Les étrangers représentent moins de 2 % de la population en Roumanie, en Pologne, en Slovaquie et en Bulgarie. Avec 10,4 millions de personnes, l’Allemagne est le pays qui compte le plus grand nombre d’étrangers. Parmi eux, 42 % sont ressortissants d'un autre pays de l'UE27. L'Espagne, la France et l'Italie accueillent un nombre similaire d'étrangers (environ 5 millions) mais ces derniers sont moins souvent ressortissants de l'UE27 (environ 30%).

Article

Que faut-il entendre par intégration ?

L’intégration se rattache à l’idée d’un tout (être entier, intégral d’où la notion d’intégrité) à quoi viennent s’agréger plusieurs processus : l’adjonction d’éléments extérieurs (intégration des parties au tout) ; l’harmonisation, la coordination de ces parties au service d’un tout cohérent et efficient mais aussi des processus de développement (concentration verticale ou horizontale en économie de l’entreprise, intégration européenne), de renouveau, de réparation...

Article

Quelles empreintes l’immigration laisse-t-elle dans la chanson ?

Selon l’expression de l’historien Yves Borowice, la chanson française, est d’abord un "art de métèques". Et ce depuis les origines. Les plus grandes voix de la chanson française sont, de génération en génération, celles d’hommes et de femmes venus d’ailleurs, directement ou par les mystères des bifurcations existentielles et amoureuses. Ainsi Amiati (née à Turin en Italie) sera une des figures de la chanson patriotique et revancharde d’après la défaite de 1871. En 1931 Joséphine Baker, aujourd’hui panthéonisée, chante  J’ai deux amours  et en 1936, Edith Piaf enregistre son premier disque. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale les Francis Lemarque et Dario Moreno sont rejoints par une pléiade d’artistes devenus depuis les symboles de la chanson française et tous d’origine immigrée : Reggiani, Brassens, Brel, Léo Ferré, Yves Montand, Mouloudji, Jean Ferrat, Aznavour, Moustaki, Barbara, Georges Guétary, Luis Mariano… Quelques années plus tard, les Serge Gainsbourg, Nougaro, Sylvie Vartan, Dalida, Michel Polnareff, Alain Bashung ou Louis Chédid prendront la relève. Aujourd’hui les générations se renouvellent mais l’immigration ou une parfois lointaine origine, continue de dynamiser sur la chanson française. Une dynamique entretenue par des artistes qui se nomment M, Juliette, Zebda, Bénabar, Keny Arkana, Cali, Ridan, Sanseverino, HK… et depuis aussi, dans des genres, des styles et des bonheurs divers, par Sopico, Yseult, Soprano, Amel Bent, Leïla Huissoud, Clara Luciani, Nekfeu, Claudio Capéo, Karimouche, Indila, Sheryfa Luna, Anggun, etc. Sans oublier que nombre de chansons, devenues des succès à la renommée parfois internationale, ont été composées par des compositeurs aussi venus d’ailleurs à l’instar d’un Vincent Scotto ou d’un Norbert Glansberg.  

Article

Quelles empreintes l’immigration laisse-t-elle dans les cuisines ?

En matière de goût aussi, les Français se nourrissent de l’ailleurs, élargissent la palette des saveurs, découvrent, réinventent aussi, des préparations débarquées en France souvent dans les valises des migrants. Depuis des années les sondages se suivent et se ressemblent : les plats d’origine étrangère font toujours bonne figure parmi les vingt plats préférés des Français, le couscous berbère et les moules frites belges y voisinent avec les spaghettis à la bolognaise et la pizza italienne.

Article

Quand la langue française en voit de toutes les couleurs

Selon Henriette Walter, sur 35 000 mots usuels de la langue française, 4 192 sont d’origine étrangère : 25 % viendraient de l’anglais, 16 % de l’italien, 13 % du germanique et, juste après, de l’arabe (entre 250 et 270 mots soit 6,5 %). Si, comme le fait Salah Guemriche dans son Dictionnaire des mots français d’origine arabe (Seuil 2007), on y ajoute les quelque 150 mots d’origine turque ou persane, passés au français via la langue d’Al Mutanabi, alors avec les 391 mots recensés le pourcentage s’élève à 10 % abstraction faite des mots d’origine également arabe qui désignent les étoiles. Ainsi nos ancêtres ont beau être les Gaulois, sur le seul plan linguistique, les Sarrasins, Maures, Barbaresques et autres Mahométans ont peut-être davantage irrigué la langue nationale que les cousins, petits cousins et autres descendants de Vercingétorix… N’y aurait-il pas un sens à tout cela ? Le sens qu’une société, tiraillée entre la tentation du repli sur soi et le désir d’ouverture à de nouveaux imaginaires, veut donner à son avenir. En ces temps où les identités sont « essentialisées », où la peur du grand remplacement est agitée, Henriette Walter, Salah Guemriche, Heinz Wismann ou Michael Edwards rappellent que le mouvement, les échanges, les compositions et les recompositions sont au cœur de toutes créations humaines. Ainsi les langues pures n’existent pas (pas davantage la langue française que la langue arabe, par ailleurs sacralisée…). Comme les cultures ou les identités. Toutes se valent dès lors qu’elles reconnaissent ce qu’elles doivent aux autres, à quel titre elles s’inscrivent dans l’histoire de l’humanité et qu’elles ne sont pas, une fois pour toutes, figées dans le marbre froid d’une histoire fantasmée.