Après la loi de mars 2004, le rapport Stasi semble être, à présent, classé. Jean-Louis Biot s'interroge sur les contradictions entre la politique de l'actuelle majorité et l'application du principe de laïcité dans la République.
Depuis une quinzaine d'années, la distribution recrute un nombre croissant de personnes d'origine étrangère, généralement de sexe féminin. La flexibilité est la règle. Les salariées sont soumises à des horaires très variables, à des statuts multiples, inégalitaires, à des contrats de plus en plus flous, rémunérés au Smic horaire. La précarisation de ces employées, leur isolement, l'absence de syndicats les fragilisent et les poussent à accepter ces conditions difficiles imposées notamment par les nombreux sous-traitants du secteur.
L’État français a du mal à se départir de sa méfiance vis-à-vis des associations ; l’un et les autres ont toujours entretenu des relations contradictoires, hésitant tour à tour entre la liberté et le contrôle – particulièrement lorsque des étrangers sont de la partie. Un retour sur cent années de vie associative nous rappelle les cheminements de la volonté étatique, alors qu’aujourd’hui les structures associatives sont de plus en plus censées assurer le relais des pouvoirs publics dans des domaines aussi divers et essentiels que la ville, l’emploi, la santé, la culture ou le sport…
En savoir plus
Revue Mondes & MigrationsArticle de dossier/point sur
Les associations de l’immigration, longtemps considérées comme "étrangères" et soumises au contrôle préalable de l’État, revendiquent l’égalité des droits politiques depuis les années vingt. Privées d’une véritable représentation dans les partis existants, voire interdites d’activité politique, elles ont investi le champ culturel avant de s’intéresser aux espaces concrets de citoyenneté. Mais face aux limites de la démocratie locale, et alors que les Européens viennent d’obtenir le droit de vote aux élections municipales, les associations se jettent à nouveau dans la bataille pour une nouvelle "citoyenneté de résidence".
En savoir plus
Revue Mondes & MigrationsArticle de dossier/point sur
Pour le moins récurrent en France, le débat autour du vote des résidents non nationaux masque la question du statut et des droits politiques des immigrés. Comme les esclaves autrefois, comme les indigènes et les femmes il y a quelques décennies, les étrangers se sont vu opposer des arguments basés sur une prétendue incapacité, puis sur la non-appartenance à la nation. Au fond, leurs revendications – régularisation des sans-papiers, droit à une naturalisation par simple déclaration, droit de vote – sont trois aspects d’une même question : une démocratie peut-elle s’accommoder d’une non-citoyenneté pour une partie importante des habitants de son territoire ?
En savoir plus
Revue Mondes & MigrationsArticle de dossier/point sur
La conception "moderne" de la citoyenneté serait-elle aujourd’hui dépassée ? Pour Albano Cordeiro, la nécessaire égalité des droits politiques entre les nationaux et les "étrangers", là où ils vivent, ne pourra se faire que par des modifications du droit international. Car celui-ci reste encore axé sur la souveraineté nationale et la pleine reconnaissance du pouvoir des États sur les citoyens, à l’heure où la mobilisation pour la reconnaissance des droits fondamentaux dans l’Union européenne montre une évolution des représentations collectives en la matière.
En savoir plus
Revue Mondes & MigrationsArticle de dossier/point sur
À partir d’exemples concrets en Rhône-Alpes, un voyage dans le monde des associations issues de l’immigration, depuis les amicales des années soixante, relais de l’État du pays d’origine, jusqu’aux associations de femmes, courroies de transmission de la politique de la ville, en passant par les revendications culturelles des années quatre-vingt et les associations de quartiers de la classe d’âge suivante. Une évolution qui met en lumière les processus d’individuation à l’œuvre, entre la génération des primo-migrants organisée sur des bases communautaires, et celle d’aujourd’hui qui conçoit l’engagement associatif comme une expérience personnelle au service de la collectivité locale.