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Supprimer les filtresExposer la Shoah : réflexions liminaires d’une historienne
La représentation historique de la Shoah s’inscrit dans une démarche à la fois scientifique et civique dont l’objet est de rendre leur place et leur voix aux victimes de l’histoire. Lieu de cette restitution, où s’articulent les résultats scientifiques et leur présentation au public, le musée affronte deux difficultés principales : l’absence d’images – comme de celles et ceux assassinés dès leur sortie des trains à Auschwitz – et la médiation face aux préjugés. Pour appréhender les relents contemporains de l’antisémitisme, il est nécessaire d’en connaître les codes et de saisir leur irruption dans le présent.
Kazerne Dossin : Shoah et Droits humains
Focus Kazerne Dossin, Mémorial, Musée et Centre de recherches sur l’Holocauste et les Droits humains se situe à Malines. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la caserne Dossin a été utilisée comme camp de rassemblement pour la déportation génocidaire. De ce lieu, de l’été 1942 à l’été 1944, plus de 25800 Juifs et Roms de Belgique et du Nord de la France ont été déportés, sauf exception, vers Auschwitz-Birkenau. Seuls 5 % ont survécu. Succédant à un premier mémorial-musée créé en 1996, la mise sur pied de Kazerne Dossin en 2012 a permis de repenser la représentation de l’histoire de la Shoah.
Quelle place pour l’antisémitisme et l’antijudaïsme dans les musées européens ?
Dialogue Le fait d’exposer l’antisémitisme en Europe présente plusieurs difficultés. Antisémitisme et antijudaïsme sont deux réalités qui se recoupent, mais ne s’inscrivent pas dans les mêmes temporalités. Par ailleurs, l’histoire juive n’est pas réductible à une histoire de l’antisémitisme qui tient aussi (et peut-être avant tout) de l’histoire non-juive. Tal Bruttmann et Dariusz Stola discutent de l’articulation de l’antisémitisme et de l’antijudaïsme en vue de leur présentation dans les musées, afin de faire sens pour le visiteur, sans conforter ses idées parfois préconçues
Exposer l´antisémitisme ? Une comparaison franco-allemande
Comment les objets antisémites sont-ils exposés dans les musées de France et d’Allemagne ? Quelle place faut-il leur donner dans des parcours traitant de l’histoire et de la culture juives ? Comment montrer de tels objets sans les mettre en valeur ? Faut-il privilégier la monstration des objets ou plutôt le récit qui les accompagne ? Cet article compare les choix faits au sein de différentes institutions muséales françaises et allemandes.
De la difficulté d’exposer l’esclavage et le colonialisme
Table ronde Un espace entièrement dédié à l’histoire coloniale de la France manque encore dans l’offre muséale et patrimoniale. Si certaines expositions permanentes ou temporaires ont vu le jour sur l’histoire de l’esclavage, de la colonisation et des colonies françaises, l’absence d’un tel musée tient au poids du récit national, mais aussi à la dimension conflictuelle des mémoires touchant à ces questions, tant dans l’espace public que dans la recherche. Peut-on concilier ces différentes mémoires en présentant plusieurs récits d’un même événement ? Cette question fait débat.
Jean Birnbaum, Le courage de la nuance
Paris, Seuil, 2021, 144 p., 14 €
Philippe Corcuff, La grande confusion. Comment l’extrême droite gagne la bataille des idées
Paris, Textuel, 2021, 672 p., 26 €