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Regards sur les exils scientifiques contraints d’hier et d’aujourd’hui (ReSTRICA )

Présentation


Rubrique
Éditorial

Ce projet aux marges de la recherche scientifique et de l’art résulte de la collaboration entre Pascale Laborier et Pierre-Jérôme Adjedj. Il est né de leur dialogue sur la représentation de l’exil scientifique en y associant les personnes photographiées. Son esquisse a été présentée lors d’un colloque sur cette thématique au Centre Marc Bloch à Berlin en juin 2018 (Endangered Scholars and Rescue Policies : Recent Research and Future Prospects, organisé par Catherine Gousseff, Pascale Laborier et Leyla Dakhli).

Pour la séance photographique, les personnes pouvaient apporter quatre éléments ayant une signification biographique : photos du pays d’origine et du pays d’accueil, domaine de recherche, histoire personnelle. Pierre-Jérôme Adjedj a conçu un dispositif avec un miroir permettant de les superposer instantanément à la prise de vue. Il s’agit ainsi de restituer dans le portrait l’histoire de la personne photographiée, de lui redonner symboliquement une place et un visage. Mais aussi de créer des transparences inattendues, surtout quand, dans certains cas, le visage doit, par nécessité, demeurer méconnaissable.

Le premier test grandeur nature a été effectué en décembre 2018 à Berlin avec le concours d’Asli Vatansever. Dix photos ont ensuite été réalisées sur le site de l’université de Nanterre, puis quarante dans une salle aménagée du Collège de France. Parmi ces 21 femmes et 30 hommes, figurent à la fois des scientifiques exilés venus de quatre continents, d’hier et d’aujourd’hui, mais aussi des accueillants engagés dans l’accueil pour (re)former symboliquement, à travers cette somme d’images, la communauté universelle des chercheurs.
Le 2 octobre 2019, les 18 premiers portraits ont été projetés sur un écran à la Gaîté Lyrique (Paris) lors d’une soirée organisée par le Programme national d’accueil en urgence des scientifiques en exil (PAUSE), accompagnés par un concert d’Orpheus XXI - formation initiée par Jordi Savall et composée de musiciens en provenance de différents pays du monde réfugiés dans plusieurs pays européens (en savoir plus sur les concerts).
En juin 2020, un film (de 9 minutes) a été réalisé pour annoncer l’exposition à la Cité du design et diffusé à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés (en savoir plus). En septembre 2020, Open Society Foundations (OSF) a organisé une campagne de communicatio Instagram avec huit portraits accompagnés d’une légende décrivant le parcours des chercheuses et chercheurs.

L’exposition à la Cité du design en 2021, ainsi que le présent numéro hors-série d’Hommes & Migrations constituent l’aboutissement de ces deux années de travail, en joignant des mots aux images. RESTRICA a été initié dans le cadre du projet de recherche Liberté de la recherche pour les académiques en danger et émigrés, financé par l’université Paris Lumières, l’Institut des sciences sociales du politique de l’université Paris Nanterre et, depuis 2019, par OSF, PAUSE et le Fonds Asile, Migration et Intégration de l’Union Européenne (FAMI).

Article issu de

Poser pour la liberté

Portraits de scientifiques en exil

N°Hors-série automne 2020

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