Michaël Ferrier, Scrabble
Paris, Mercure de France, 2019, 228 pages, 21 €.
Paris, Mercure de France, 2019, 228 pages, 21 €.
Paris, L’Herne, 2018, 256 pages, 33 €.
Trente ans après la chute du mur de Berlin, différentes générations d’écrivains [1] issus de l’immigration ont pris part à l’évolution de la littérature en Allemagne. L’étude de la littérature germano-turque après 1989 permet de suivre un changement majeur de paradigme littéraire : le passage de la place centrale accordée au déchirement existentiel lié à l’absence du pays natal au traitement de la situation post-migratoire contemporaine. Ces écrivains interrogent la fabrication de l’histoire et de l’identité allemandes et contribuent à la nouvelle réalité cosmopolite de Berlin. [1] Dans le présent article, le pluriel du genre masculin est utilisé au sens neutre.
L’année 1939 est un marqueur important de l’histoire de l’immigration en France et des collections du MNHI. De la Retirada (retraite) des combattants vaincus et des populations civiles touchées par la guerre civile espagnole à la mobilisation générale lancé en France en septembre, l’année 1939 cristallise l’espoir d’un refuge et le début du chaos.74
Le Musée national de l’histoire de l’immigration a une histoire singulière dans le paysage des musées nationaux en France de par le statut et l’impulsion donnée par un réseau de partenaires principalement composé d’associations, de collectivités territoriales et de chercheurs, qui sont à l’origine de sa création. L’évolution des modes de collaborations et des projets conduits par le Musée avec ce réseau de partenaires, mais aussi hors-les-murs depuis dix ans, mériterait sans doute d’être analysée à l’aune des changements de contextes politiques, sociologiques et culturels qui touchent les champs des migrations et de l’intégration dans la société française. L’analyse des projets hors-les-murs menés par le Musée avec ces partenaires constitue en effet un bon angle d'observation des évolutions à l’œuvre. Les musées, qui se situent de plus en plus au cœur de ces enjeux socioculturels contemporains, s’interrogent sur leurs missions et leurs priorités en matière de développement de tous les publics, y compris ceux du champ social et ceux éloignés de la culture, mais aussi au regard de leur notoriété sur l’ensemble du territoire. Ces projets hors-les-murs donnent lieu à des expérimentations très diverses que cet article souhaite aborder à travers deux initiatives récentes.
Que ce soient des parcours personnels ou des traversées collectives, les œuvres littéraires font (re)vivre l’exil, parfois avec l’épaisseur du passé ou en résonnance avec l’actualité la plus brûlante. Placées sous le signe de la diversité, les revues dessinent des espaces où les écritures de l’exil dialoguent avec les écritures en exil. Elles diffusent ces odyssées modernes qui sont aussi des tentatives d’expérimenter des nouvelles écritures de l’intime.
Pour célébrer les 10 ans du Prix littéraire de la Porte Dorée, deux de ses lauréats, Omar Benlaala et Henri Lopes, croisent leurs histoires et leurs points de vue sur la migration et l’identité.