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Supprimer les filtresComment compte-t-on les immigrés en France ?
En France , les principaux établissements producteurs de statistiques en matière d’immigration sont : L’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) fournit chaque année des chiffres sur les flux d’entrée des étrangers à partir de la visite médicale obligatoire que doit faire chaque migrant admis à séjourner en France plus de trois mois ; L’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) publie un rapport annuel recensant le nombre de demandes d’asile et d’octrois du statut de réfugié ; CNDA, Cours national du droit d’asile, juridiction administrative spécialisée qui examine les recours formés contre les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en matière de demande d’asile ; L’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) établie le nombre de la population étrangère à partir des données du recensement de la population. Depuis 2004 l’INSEE ne procède plus à un recensement général de la population mais à des recensements annuels par échantillons pour les communes de plus de 10 000 habitants ce qui se traduirait par "une approche parcellaire et fragmentée de l'immigration" (HCI) ; L'INED (Institut national des études démographiques) établie chaque année une totalisation du nombre d'entrées en France à partir des informations du fichier central des titres de séjour ; Plusieurs ministères fournissent des données en matière d’immigration à commencer par le ministère de l’Intérieur, de la Justice et celui de l’Education nationale ; Le Défenseur des droits, via notamment la publication régulière de rapports thématiques (discriminations, mineurs non accompagnés, les naturalisations, l’accès au droit…). Au niveau international : L’ONU, via de nombreux organismes dont l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ou l’UNICEF fournissent des données sur différents aspects liés à la migration ; L'OCDE, Organisation de coopération et de développement économiques ; La Banque mondiale. Au niveau européen : Eurostat ; Plusieurs agences de l’UE, dont Frontex ou Europol ; Le KCMD, Centre de connaissances en matière de migration et de démographie (Knowledge Centre on Migration and Demography). De nombreuses associations de terrain fournissent de précieuses informations, citons : l’ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers », le CCFD-Terre Solidaire, Le Centre Primo Levi (qui vient en aide aux victimes de tortures et de violences politiques), le Comède (pour la santé des exilés), la Fasti, le Gisti, Migreeurop, la Cimade ou encore la LDH (Ligue des droits de l’homme), l’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers) … De même, l’Institut Convergences Migrations, dont l’objectif majeur est le dialogue science-société à travers l’éclairage critique de l’actualité (revue en ligne De facto ) et un partenariat diversifié avec les acteurs locaux (élus, associations, enseignants, personnel médical et social).
Quelle place occupe la France sur la scène des migrations internationales ?
Le nombre de migrants dans le monde est passé de 77 millions en 1965 à 281 millions en 2020 soit 3,6 % de la population mondiale. Statistiquement, le terrien préfère ses pantoufles ou ses babouches aux incertitudes de l’errance. En 2017, les migrants du Sud posaient leurs valises plus souvent dans un pays du Sud (97 millions) que dans un pays du Nord (89 millions). La différence entre les deux hémisphères tient aux migrations Nord/Nord (57 millions) quand les migrations Nord/Sud s’élèvent à 14 millions.
Y a-t-il de nouvelles formes de migrations ? (logiques collectives)
Plusieurs éléments peuvent être à l’origine de (nouvelles) migrations : les contextes socio-économiques et bien sûr politiques des pays de départ et des pays d’arrivée, les fractures démographiques et économiques entre pays et continents, les écarts entre les niveaux de développement humain (espérance de vie, niveau d’éducation, niveau de vie), la mondialisation qui multiplie échanges et rencontres, bouscule les espaces et les imaginaires, les (re)configurations géopolitiques, régionales, les nouvelles zones de conflits, les bouleversements environnementaux, les changements climatiques ou encore les évolutions des cadres juridiques (législation en matière d’accueil et de séjour, délivrance de visa…), sans oublier la situation et les aspirations individuelles, à commencer par celles des femmes.
Y a-t-il de nouvelles formes de migrations (logiques individuelles) ?
De nouvelles formes de migration, à cheval sur plusieurs pays, émergent. Elles sont à l’origine de dynamiques économiques, spatiales et identitaires nouvelles. Comme l’écrit Catherine Wihtol de Wenden ," l'espace de vie et de savoir des migrants se sont étendus et diversifiés. Étant des acteurs planétaires et transnationaux, ils constituent un enrichissement pour les sociétés d'implantation ". L’élargissement des espaces migratoires est aussi un des effets des " mobilités " touristiques. Autre forme de mobilité qui pourrait bousculé les vieux paradigmes des migrations internationales, l’émigré devient aussi un migrant, c’est-à-dire un « acteur », moins soucieux de sédentarité que de mobilité.
Comment évaluer l’immigration légale en France ?
Pour évaluer l’immigration légale en France, il faut progresser dans le maquis des sources fournies par l’OFII (à partir des visites médicales), le ministère de l’Intérieur (titres de séjours), les calculs de l’INED ou de l’INSEE et des définitions nombreuses qui distinguent les migrants "permanents" des "temporaires", les étudiants étrangers des autres migrants, les étrangers originaires de l’UE des étrangers issus des pays tiers, les types de visas attribués… Les données changent selon les méthodes et les critères retenus.
Qu’est ce que l’immigration choisie ?
Choisir "ses" immigrés pour le pays d’accueil consiste à privilégier les travailleurs, qualifiés et ceux susceptibles d’être les plus utiles à l’économie nationale. L’immigration "choisie" est opposée à une immigration "subie" ou, pour reprendre le mot des associations opposées à cette politique, à une immigration "jetable". Cette dernière est constituée d’hommes et de femmes qui entrent en France pour des raisons familiales ou comme demandeurs d’asile, celles et ceux qui seraient soupçonnés de bénéficier du système social ou qui ne représenteraient pas ou peu d’intérêt économique et professionnel.
Qu’entend-on par "politique des quotas" ?
En France, la politique des quotas visait à limiter l’immigration, en fonction de la nationalité ou de la qualification, pour favoriser l’emploi des nationaux. Elle a été appliquée dans les années trente (loi du 10 août 1932 qui accordait la priorité au travail des citoyens français dans l’industrie), mais n’a pas été retenue dans les Ordonnances de 1945 qui ont fixé le cadre juridique des politiques d’accueil et de séjour des étrangers.