Installation

Correspondance

Kader Attia
Kader Attia, Correspondance, 2003

Kader Attia, Correspondance, 2003, installation - tirage argentique sur papier, 49,5 x 40 cm Collection du Musée national de l'immigration, 2006.4.31.

Une famille entre deux pays

L’œuvre Correspondance est composée de deux séquences vidéos et de trente photographies accrochées à une corde par de pinces à linge ou posées à terre. L'installation construit une sorte de toile géo-photographique et illustre le phénomène de la diaspora algérienne à travers la vie des membres de la famille de Kader Attia, séparés depuis seize ans.

 En alternance, on rencontre la famille immigrée en France et celle restée dans les montagnes algériennes. Pendant des années, j'ai permis à ces parents éloignés de correspondance à travers des portraits et des paysages , précise Attia.

Informations

Collection
Art contemporain
Type d’expot
Installation
Année de creation
2003
Auteur
Inventaire
2006.4.0
Matériaux

Bande digitale Betacam numérique Fujifilm D 321, tirage sur papier argentique

L'artiste, à la fois récepteur et messager, crée un pont entre les deux continents, le lien perdure. Mais le travail de Kader Attia contribue également à souligner l'implicite. Ces images révèlent l'énorme fossé qui sépare les deux mondes. D’un côté la profusion des produits de consommation et de symboles de la société occidentale, précise-t-il, de l’autre des gens vivant dans un environnement rudimentaire. Pourtant au-delà des différences, ces deux univers ne m’évoquent pas des mondes opposés mais deux entités d’une même cellule. Certains clichés pris ici ou là-bas se répondent comme une évidence. 

L'artiste touche avec sensibilité le déchirement dans l'espace et le temps, mais aussi dans ce qu'il y a de plus intime. Son œuvre, comme la famille filmée, se situe dans un entre-deux, à la lisière de l’ici et de l’ailleurs, là où les frontières finissent par vaciller. Partant de son histoire personnelle ; il la dépasse pour exprimer un phénomène plus général :  Ceci est mon album de famille et pourrait être celui de beaucoup d’autres.  

Isabelle Renard, Directrice de la conservation et des expositions, Musée national de l’histoire de l’immigration

Texte issu du portfolio d'œuvres sur les artistes maghrébins en création, revue Mondes & Migrations, « Héritages maghrébins », n°1355 octobre-décembre 2026.

Kader Attia

Né à Dugny, en Seine Saint-Denis, en 1970 de parents algériens, Kader Attia grandit dans l’univers des cités de Sarcelles et Garges-les-Gonesses, aux identités multiples, à l’image de celles qu’il explore dans son travail. S’il s’inspire souvent d’anecdotes personnelles, l’artiste utilise le réel, se le réapproprie et donne naissance à une œuvre où l’autobiographie se conjugue à la création. Formé à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, il élabore une œuvre protéiforme, puissamment métaphorique. Les questions liées à la diaspora, au déracinement nourrissent sa réflexion et le placent souvent dans une démarche de plasticien qui se rapproche aussi de celle de l’ethnologue. À travers ses créations, Kader Attia ne cesse d’interroger le monde et le politique, non sans humour, distanciation et poésie.

Installation de photos

Legende

Kader Attia, Correspondance, 2003, installation - tirage argentique sur papier, 49,5 x 40 cm, Collection du Musée national de l'histoire de l'immigration, 2006.4.1.