Un destin hors du commun Ethnomusicologue, musicologue, directeur de recherches à l’université des Antilles, pôles Martinique-Guadeloupe, Apollinaire Anakesa publie une partie de ses travaux d’enquête dans l’album Les Bushinengé. Nèg Mawon de Guyane , sur le label Buda Musique. C’est l’une des rares publications qui permet d’aborder l’univers de ces descendants d’esclaves rebelles échappés des plantations de colons hollandais au cours des XVII e et XVIII e siècles.
Documentaire de Manon Ott (France, 2018) Nombre de documentaires que l’on peut voir sur le petit écran sont souvent d’une facture traditionnelle. Autrement dit plus proches du reportage avec une voix off au caractère « orienté » que d’un réel travail de création où l’écriture proprement cinématographique est convoquée. Ainsi en est-il de la deuxième alternative pour De cendres et de braises signé Manon Ott avec la collaboration de Gregory Cohen. L’un et l’autre sont d’ailleurs à la caméra et au son pour nous donner à voir et à « vivre » une cité, en l’occurrence Les Mureaux, dont le destin a longtemps été lié à celui de l’usine de Renault-Flins.
Film de Mati Diop (France, 2019) Atlantique – qui a conquis le prestigieux Grand Prix du Festival de Cannes 2019 – est le prolongement du premier court-métrage Atlantiques réalisé en 2009 par Mati Diop, 27 ans, fille du célèbre musicien Wasis Diop et nièce de Djibril Diop Manbéty, auteur du fameux Touki Bouki (1973) et disparu en 1998.
Film de Ladj Ly (France, 2019) Après les filles de Divines de Houda Benyamina en 2016, c’est au tour des gamins de Montfermeil (93) de monter les marches du Festival de Cannes 2019 pour le premier long-métrage de Ladj Ly. Et l’ovation qui a salué la projection, ainsi que le Prix du Jury qui l’a récompensé au palmarès ont fait des Misérables le film évènement de l’année. Cerise sur le gâteau, il représentera la France aux Oscars en février prochain.
Film de Géraldine Nakache (France, 2019) Il y a douze ans, Tout ce qui brille rencontrait un grand succès et destinait à la popularité un duo de filles épatantes de fraîcheur et d’énergie : Géraldine Nakache, actrice et réalisatrice, et Leïla Bekhti, comédienne déjà confirmée. Depuis cette rencontre, une amitié quasi gémellaire s’est nouée entre les deux jeunes femmes qui, dans le quotidien, sont inséparables, et très complices sur et hors plateau de tournage. Géraldine répète d’ailleurs à l’envi qu’avec Leïla elle a trouvé la sœur que la vie ne lui avait pas donnée. « Avec J’irai où tu iras , le vrai challenge était d’assumer l’héritage de Tout ce qui brille à travers un nouveau duo avec Leïla et une envie de comédie, tout en m’en éloignant pour raconter une histoire plus intime et naturellement plus mature (nous avons pris douze ans d’âge !), peut-être un peu plus émouvante aussi. » Ces propos de Géraldine Nakache situent bien ses intentions quant à raconter une histoire de famille qu’elle a décidé de mettre en scène toute seule, sans son complice habituel Hervé Mimran.
Il y a 20 ans, Éric Toledano et Olivier Nakache, alors moniteurs de colonies de vacances, font la connaissance de Stéphane Benhamou qui a créé l’association Le silence des justes, spécialisée dans l’accueil et l’insertion des enfants et des adolescents autistes. Prenant sous sa coupe un parent d’Éric Toledano souffrant de cette pathologie, Stéphane Benhamou revoit le binôme d’amis pas encore cinéastes, mais déjà impressionnés par l’énergie et l’humanité que dégageaient les encadrants, lesquels associaient en une alchimie parfaite de jeunes référents et des jeunes en situation de handicap. Avec leur petite caméra, ils décident de tourner un film de six minutes présentant la structure de Benhamou déjà en manque de subventions. À Saint-Denis où ils opèrent, ils font la connaissance de Daoud Tatou qui gère également des autistes. Dès lors, les ingrédients sont en place pour que, vingt ans plus tard, Toledano et Nakache réalisent Hors Normes avec, dans le rôle de Stéphane, Vincent Cassel (Bruno dans le film) et, dans celui de Daoud Tatou, Reda Kateb (Malik dans le film).
Texte et mise en scène de Baptiste Amann Revisiter la guerre d’Algérie sur fond d’émeutes urbaines dans un hôpital transformé en un plateau de tournage d’un film consacré à Djamila Bouhired, se jouer des temporalités, dire le multiple et le mutuel par une construction chorale, réintroduire ce drame dans l’histoire nationale, comme une blessure, un corps en état de mort cérébrale mais dont le cœur ne demande qu’à battre, et se retrouver, tous – Lyn et ses deux frères, Samuel et Hafiz, les amis Moussa et Naïlia –, non pas autour d’un mort mais pour célébrer la vie.
Deux livres et un documentaire proposent de revenir sur l’initiative lancée après le naufrage qui a causé la mort de près de 1 000 personnes, le 18 avril 2015, pour redonner une identité – et leur dignité – aux migrants qui traversent la Méditerranée et permettre à leur famille de faire leur deuil.