1Une histoire du cinéma français - L'exposition
À travers films, archives, affiches, photographies, installations et témoignages, l’exposition Une histoire du cinéma français, héritages maghrébins met pour la première fois en forme et en image le récit de plusieurs générations d’immigrés et enfants d’immigrés qui, venus d’Algérie, du Maroc et de Tunisie, ont depuis soixante ans façonné le visage du cinéma français.
L'exposition dévoile une histoire du cinéma français faite de visages souvent très connus et de liens souvent méconnus : une histoire façonnée par les migrations, les héritages coloniaux, les exils, les mémoires familiales et des imaginaires partagés entre les deux rives de la Méditerranée.
Des premiers films militants des années 1960 et 1970 aux nouvelles écritures du cinéma contemporain, l’exposition suit les trajectoires de cinéastes, d’acteurs et d’actrices qui ont déplacé le regard et transformé durablement les imaginaires français. Bien loin des assignations aux marges ou aux rôles stéréotypés, ces artistes ont ouvert d’autres manières de filmer, de parler, d’aimer, de raconter la France. Ils sont pour certains devenus le visage de la France, de sa grandeur et de sa fierté.
À travers une lecture croisée de l’histoire politique de l’immigration et de l’histoire du cinéma français, l’exposition révèle le cinéma comme espace de mémoire, de transmission et d’émancipation. À la fois acteur et témoin des enjeux de son temps, le cinéma est aussi parfois un levier de justice. En 2026, vingt ans après la sortie d’Indigènes – réalisé par Rachid Bouchareb – et les effets politiques qu’il eut sur la reconnaissance des tirailleurs, le rôle du cinéma pour bouleverser les consciences et ouvrir un espace à la reconnaissance et à la transmission de l’histoire se pose toujours avec autant d’acuité.
Acteurs du film « Indigènes » lors du 59e festival de Cannes, cérémonie de clôture, 2006
© Pool Benainous / Catarina / Legrand / Gamma Rapho
Du polar au western, du fantastique au road-movie, du film intime à la comédie populaire, plusieurs générations s’emparent des codes du cinéma pour raconter autrement la mémoire, les identités, les territoires et les héritages.
Cinéastes, acteurs, actrices, producteurs, journalistes ou techniciens : toutes et tous participent à cette histoire collective d’un cinéma vivant, populaire et libre, qui n’a cessé de réinventer la France à l’écran.
Commissariat de l'exposition
Autrice et réalisatrice, Clémentine Deroudille est commissaire d’exposition, notamment de Joann Sfar. La vie dessinée au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme (2024), Rock ! Pop ! Wizz ! Quand la BD monte le son à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image à Angoulême (2023), Romy Schneider (2022) et Belmondo, le Magnifique (2026) à la Cinémathèque française. Elle a monté plusieurs expositions à la Philharmonie de Paris telles que Doisneau et la musique (2018) ou Brassens ou la liberté (2011), a créé le musée Louis-de-Funès à Saint-Raphaël (2019) et a réalisé de nombreux parcours sonores d’expositions. Ancienne journaliste de RFI, Télérama et d’autres médias, autrice d’une dizaine d’ouvrages, elle a écrit plusieurs films documentaires avec le photographe libanais Fouad ElKoury, dont Beyrouth (Et alors Prod., 2005), avec Emmanuelle Destremau, dont Hommes au foyer (2003), sur la vie quotidienne des Maliens et des Sénégalais dans les foyers parisiens, et avec Lucie Caries – Romy, femme libre pour France 3. Elle a réalisé en 2016 un film sur son grand-père, Robert Doisneau ou le révolté du merveilleux. Clémentine Deroudille est aussi programmatrice littéraire pour différents festivals littéraires (Oh les beaux jours !, Les Correspondances de Manosque) et la co-commissaire de l’exposition Une histoire du cinéma français. Héritages maghrébins au Palais de la Porte Doree (2026).
Lucile Humbert-Beldjoudi est curatrice, recherchiste et spécialiste des archives audiovisuelles. Historienne et archéologue de formation, elle développe depuis plus de vingt ans des projets à la croisée du cinéma, du patrimoine et de l’histoire des migrations. Au Musée national de l’histoire de l’immigration, elle a conçu le parcours cinéma de l’exposition permanente, créé un fonds audiovisuel spécialisé pour le centre de ressources et participé à la conception du Studio de musique. Spécialiste des archives de Mosaïque, elle a initié et développé la résidence de cinéma Frontières, créée en 2014 avec le GREC et devenue Horizon(s). Elle est également cofondatrice des Ateliers Djamel Barek, avec le comédien Slimane Dazi. Elle coordonne, aux côtés de Clémentine Deroudille, l’exposition Une histoire du cinéma français. Héritages maghrébins.
Chloé Dupont est chargée d’exposition au Musée national de l’histoire de l’immigration. Diplômée de l’Ecole du Louvre, elle a travaillé au musée d’Orsay, au Petit Palais et au musée Cernuschi avant de rejoindre le Palais de la Porte Dorée en 2018. Au sein du service des expositions, elle a participé à la préparation des expositions Ce qui s’oublie et ce qui reste (2020), Juifs et musulmans en France (2022), Paris et nulle part ailleurs (2022), Immigrations est et sud-est asiatiques, J’ai une famille (2023) et Banlieues chéries (2025).
Conseil scientifique
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Après avoir séjourné dans plusieurs pays du Moyen Orient, Solange Poulet réside à Marseille et travaille dans le domaine du cinéma. Elle a contribué au développement et à la connaissance du cinéma documentaire méditerranéen (cycles de formation, organisation et programmation d’un festival) lorsqu’elle coordonnait les activités du CMCA (Centre Méditerranéen de la Communication Audiovisuelle, qui regroupe des acteurs audiovisuels du Nord et du Sud de la Méditerranée (société de télévision et producteurs), et lorsqu’elle était membre du Conseil d’Administration du FID (Festival International du cinéma de Marseille).
Elle a été en charge de la programmation cinéma de Marseille Capitale Européenne de la Culture en 2013 et est à l’origine de la création d’Aflam, association marseillaise qui depuis plus de 25 ans œuvre à une meilleure connaissance des cultures arabes à travers le cinéma et organise chaque année le festival Aflam-Cinémas des mondes arabes.
Conception scénographique de l'exposition
- Scénographie et éco-conception : Julia Dessirier et Flora Fixy, Arthur Didier
- Graphisme : Nicolas Turki Duchesnay, assisté de Marie Faverot et Brahim Boucheikha
- Conception éclairage : Gabrielle Trévise