7367 résultats
Revue Mondes & Migrations Au musée : portfolio

Immigrations : les luttes s’affichent !

À l’occasion de la refonte des galeries permanentes du Musée national de l’histoire de l’immigration, dont les travaux du comité scientifique présidé par Patrick Boucheron ont débuté en 2018, un nouveau chantier a porté sur les affiches de luttes de l’immigration. Sorties des réserves du Musée, elles ont fait l’objet d’une analyse historique. " Son histoire [de Mai 68] est une “succession d’instabilités et de fluctuations amplifiées”. Il y a eu beaucoup d’agitations, de gesticulations, de paroles, de bêtises, d’illusions en 68, mais ce n’est pas ce qui compte. Ce qui compte, c’est que ce fut un phénomène de voyance, comme si une société voyait tout d’un coup ce qu’elle contenait d’intolérable et voyait aussi la possibilité d’autre chose. C’est un phénomène collectif sous la forme : “Du possible, sinon j’étouffe.” Le possible ne préexiste pas, il est créé par l’événement. C’est une question de vie".  Gilles Deleuze, Félix Guattari  

Revue Mondes & Migrations Au musée : collections

La mer sombre et lumineuse d’Enrique Ramírez

Entretien Enrique Ramírez, né à Santiago au Chili en 1979, ne cesse, depuis 2010, de voyager et de travailler entre la France et le Chili. Croisant photographie, vidéo et installation, il compose une œuvre politique et poétique qui questionne le sens de l’image et son pouvoir. Une œuvre hantée par la mer, cette mer qu’il a beaucoup sillonnée avec son père, fabricant de voiles de bateaux sous la dictature de Pinochet. Espace mémoriel, la mer devient pour l’artiste métaphore des voyages et des exils mais aussi des conquêtes, des flux migratoires. De nombreuses expositions personnelles et collectives lui sont consacrées en France et à l’étranger. En 2017, il participe à l’exposition Viva Arte Viva, orchestrée par Christine Macel pour la 57e Biennale de Venise. Son travail fait partie de nombreuses collections publiques et privées dans le monde – MoMA, New York (États-Unis), Museo de la Memoria y los Derechos Humanos, Santiago (Chili), Macba, Barcelone (Espagne), MNHI, Paris (France), Kadist Foundation, San Francisco (États-Unis), Collection Lemaître, Paris (France), Collection Salomon, Paris (France)… Finaliste du Prix Meurice en 2014, Enrique Ramírez est lauréat la même année du Prix Découverte 2013 des Amis du Palais de Tokyo. Il est nommé pour le Prix Marcel Duchamp 2020. Isabelle Renard : Tu es né au Chili en 1979 où tu poursuis d’abord des études musicales et de cinéma. Puis tu décides de suivre, en 2007, la formation artistique, audiovisuelle et multimédia du Fresnoy. Peux-tu nous expliquer ce choix ? Est-ce la raison principale de ta venue en France ?

Revue Mondes & Migrations Au musée : collections

Chercher refuge

L’exil politique vers la France dans les années 1970 à travers les parcours de vie de la collection de société du MNHI Créée grâce au remarquable élan participatif de la Galerie des dons, la collection de société du Musée national de l’histoire de l’immigration conserve au sein du patrimoine national français des parcours individuels incarnés par des objets, des documents et des photographies associés à un récit de vie. Cette collecte de témoignages ne vise pas à essentialiser les parcours de migrations ni à les circonscrire au rang d’illustrations de la « Grande histoire » par les petites. Ces témoignages sont une brique patrimoniale essentielle pour rendre compte de la diversité et de la complexité des situations migratoires, hier et aujourd’hui. Ce numéro de la revue Hommes & Migrations est l’occasion de revenir sur plusieurs parcours liés aux exils politiques des années 1970.

Revue Mondes & Migrations Au musée : littérature

« L’écriture, c’est un refuge et un délit »

Entretien avec Mehdi Charef, 11e lauréat du Prix littéraire de la Porte Dorée pour son roman Rue des Pâquerettes (éd. Hors d’atteinte, 2018) H&M : Personnellement, quel sentiment vous inspire le fait d’être le onzième lauréat du prix littéraire de la Porte Dorée et d’obtenir cette reconnaissance du Musée national de l’histoire de l’immigration ? Mehdi Charef : Je n’en reviens toujours pas. C’est tellement symbolique pour moi de recevoir ce prix. J’ai été dans le jury du Prix littéraire de la Porte Dorée pour sa première édition qui a récompensé la si talentueuse Alice Zeniter, et cela m’avait déjà permis de prendre conscience du sérieux de la sélection, de la façon dont les jurés avaient lu les romans en lice. J’étais fier de participer à une initiative littéraire aussi importante. Je ne reçois pas ce prix littéraire comme venant d’un musée, mais d’une maison où l’exilé passe sans savoir où il va. Il voit la façade de cette maison dont les portes nous sont ouvertes, il se regarde et se retrouve car il sait que cette maison raconte des histoires comme la sienne. C’est un endroit pour une halte lors d’un passage ; comme une étape sur un chemin de pèlerinage qui rassure et rassemble de nombreuses personnes très différentes mais qui ont les mêmes expériences. Récemment, j’ai vu mon nom sur une affiche d’un film que j’ai réalisé dans l’exposition  Paris-Londres et je me suis trouvé réinscrit dans une histoire collective. J’aime cette idée que ce Musée soit un palais, on n’a pas souvent l’occasion d’aller dans un palais.   

Revue Mondes & Migrations Au musée : littérature

1973, le Paris kabyle

Le début des années 1970 marque un tournant dans la création en langue berbère en France. Dans les domaines de la musique, de la littérature, du théâtre, de l’engagement associatif ou de l’enseignement linguistique, une nouvelle génération d’artistes et de militants se mobilise au service de la création et de la diffusion de contenus culturels en tamaziɣt.

Revue Mondes & Migrations Article de dossier/point sur

Les premiers pas du Gisti

Le Groupe d’information et de soutien des travailleurs immigrés (Gisti), association créée en 1973 par des hauts fonctionnaires et des militants, se caractérise par sa connaissance fine de l’administration et des politiques publiques, et sa capacité à mobiliser l’arme juridique pour défendre les droits des immigrés.

Revue Mondes & Migrations Article de dossier/point sur

L’année 1973 : la décision algérienne d’arrêt de l’immigration de main-d’œuvre

En 1973, l’Algérie devance la France dans la suspension de l’immigration de main-d’oeuvre salariée entre les deux pays. Dans un contexte français marqué par le racisme à l’égard des Algériens, la décision algérienne met fin à cent ans d’une libre circulation des travailleurs commencée durant la période coloniale.

Revue Mondes & Migrations Article de dossier/point sur

Dérogations et « machine de l’exception ». L’après 1974 dans les couloirs des ministères

La suspension provisoire des introductions de travailleurs décidée en juillet 1974 a confronté la haute administration à une situation inédite : la multiplication des demandes dérogatoires de main-d’œuvre de la part d’entreprises de nombreux secteurs de l’économie française. Les hauts fonctionnaires administrant les mouvements de population en France se sont trouvés en première ligne dans la gestion de ces requêtes. Entre intérêt économique national aux contours mouvants et jeu des pressions de tout ordre, la culture administrative a dû fixer des règles à ce régime d’exception.