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Revue Mondes & Migrations Article de dossier/point sur

“Le relativisme dans lequel nous vivons…”

Conversation avec Alain Finkielkraut 1 Cette rencontre s’est déroulée, le 5 décembre 2011, dans les locaux du HCI. Elle s’inscrit dans le cadre d’auditions régulièrement programmées en vue de la rédaction d’un rapport, à paraître dans le courant de l’année 2012, sur la question de “l’intégration culturelle”. L’entretien réunissait autour de la table des membres du HCI (2) et de notre revue (3). Nous remercions le HCI de nous autoriser à en reproduire les principaux passages. (1) Alain Finkielkraut est philosophe, professeur à l’École polytechnique. Depuis La Défaite de la pensée (Gallimard, 1987), il est l’auteur de nombreux livres où les questions de culture et de transmission – le rôle à cet égard de la littérature –, de rapport à la tradition et au progrès, de mémoire et d’histoire, constituent le cœur de son interrogation. Parmi les derniers ouvrages parus : L’Explication, conversation avec Aude Lancelin et Alain Badiou (Fécamp, Nouvelles Éditions Lignes, 2010) ; Un cœur intelligent (Paris, Stock-Flammarion 2009) ; Et si l’amour durait (Paris, Stock-Flammarion, 2011). Depuis 1987, il anime l’émission Répliques, le samedi matin sur France Culture. (2) Suzel Anstett, Caroline Bray, Sophie Ferhadjian et Claire Séréro, chargées de mission ; Benoît Normand, secrétaire général ; Malika Sorel et Alain Seksig, membres du collège du HCI. (3) Nicolas Treiber, secrétaire de rédaction.

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La place de l’art contemporain à la Cité

Entretien avec Jacques Toubon, président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration H&M : Dans quel contexte avez-vous mis en place les collections du mu­sée d’histoire et des cultures de l’immigration ? Jacques Toubon : En 2007, avec l’ouverture de son exposition permanente “Repères”, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration a tenté de proposer une forme muséale originale, à la croisée du musée d’histoire, du musée de société et du musée d’art. Dès le départ, les collections ont abordé ensemble le passé, le présent et le futur de l’immigration. La Cité se situe à l’intersection du temps historique et de l’espace de la société contemporaine. Faire connaître et reconnaître l’histoire de l’immigration pour changer le regard sur l’immigration nécessite de conjuguer trois approches. L’approche historique, avec des sources contextualisées par les historiens les plus compétents ; l’approche anthropologique, constituée par des témoignages individuels ou familiaux, des dons d’objets ou de documents, et l’approche artistique, avec des œuvres majeures des dernières décennies qui composent une collection d’art contemporain singulière. C’est une partie de cette collection d’art contemporain que l’exposition J’ai deux amours présente de novembre 2011 à juin 2012.

Revue Mondes & Migrations Chronique livres

Le Prix littéraire de la Porte Dorée

Cap sur la 3e édition Le 26 mai, à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, Michaël Ferrier recevait le prix littéraire de la Porte Dorée pour Sympathie pour le fantôme. Retour sur le lauréat de la sélection 2010-2011. Et premières impressions sur ce que nous réserve la rentrée de septembre.

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Intelligentsia d’origine maghrébine en circulation

Positionnement et engagement des nouvelles migrations De nouvelles circulations apparaissent chez les intellectuels maghrébins en fonction des représentations que ces diplômés à haut potentiel se font de leur espace de départ et de leur destination. Leur mobilité est hautement stratégique, car fondée sur une décision politique. Qu’elles choisissent d’œuvrer pour leur pays d’origine ou d’assumer la distance à l’égard de celui-ci, les élites conservent une responsabilité de poids : celle de rendre intelligibles les évolutions et les contradictions du monde contemporain.

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Les compétences algériennes à l’étranger

Entre tabous et fausses promesses La migration des personnes hautement qualifiées en Algérie est souvent perçue comme une fuite des cerveaux. L’État algérien ne s’est toujours pas doté d’outils pour encadrer les migrants à forte valeur ajoutée. Comme si, une fois partis à l’étranger, les hauts potentiels ne pouvaient plus participer d’une manière ou d’une autre au développement de leur pays d’origine. Désormais, il importe de penser ces mobilités non plus en termes de stock de compétences mais selon une logique de circulation des savoirs.

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Sidi Salem et el harga

Émigration irrégulière dans un quartier populaire algérien Pour les classes populaires algériennes, l’émigration irrégulière constitue une réponse à une situation de blocage social et spatial. L'exemple du quartier de Sidi Salem à Annaba montre comment s’imposent les raisons du départ dans un espace situé en marge de la ville et n’offrant que peu de perspectives à ses habitants. Au manque de débouchés économiques s’ajoute le manque de reconnaissance de la part des pouvoirs publics algériens. Dès lors, brûler ses papiers devient l’unique solution pour sortir d’un territoire sans issue.

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Famille, communauté et transnationalisme

Migrations des mineurs marocains vers l’Espagne : le cas de Béni Mellal Les migrations des mineurs non accompagnés en provenance du Maroc vers l’Espagne présentent différents profils et des parcours divers. Dans la province de Béni Mellal, les dynamiques de leurs processus migratoires vers la Galice montrent que, s’ils partent seuls, ils ne sont pas abandonnés pour autant à leur sort. Leur départ répond à une stratégie qui repose sur la famille transnationale. Ils exercent en retour une influence considérable sur le système familial marocain.

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Métiers domestiques, voile et féminisme

Nouveaux objets, nouvelles ruptures En France, le travail des migrantes souffre d’un déficit d’analyse. Si la recherche féministe prend bien pour objet la position des femmes immigrées, elle a tendance à oublier les dynamiques profondes qui déterminent leur histoire. L’insertion de ces femmes dans les métiers de service et l’affirmation de leur identité culturelle à travers le port du voile ne sont pas des phénomènes récents. Pour les comprendre, il faut savoir décrypter les mécanismes de racialisation à l’œuvre au sein de la société française.